Archives de Tag: Enfants

« PMA : trahison socialiste »

Article de Jean-Philippe Cazier sur son blog Mediapart:

« on ne peut s’empêcher d’avoir l’idée que ce refus de la PMA pour toutes est aussi l’expression de l’idéologie finalement bourgeoise et réactionnaire, hétérosexiste, qui anime ce gouvernement : accordons des droits mais pas trop, pas jusqu’au point où ils changeraient vraiment non seulement les situations effectives des individus, mais aussi où des changements dans l’ordre de la loi et des institutions accompagneraient des changements sociaux et subjectifs réels. « Un peu, mais pas trop », était-ce la formule complémentaire du slogan « Le changement c’est maintenant » ? »

Article dans son intégralité:

http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-philippe-cazier/230414/pma-trahison-socialiste

 

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Famille : le rapport que le gouvernement a voulu enterrer

Article de Rue 89, 7 avril 2014 par Blandine Grosjean:
« Le rapport commandé pour élaborer la loi sur la famille préconise la PMA pour les couples de lesbiennes, la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger ou la fin de l’anonymat des donneurs dans les PMA.

C’est un mistigri auquel personne ne voulait voir son nom associé sous le gouvernement Ayrault. Le rapport sur la famille, commandé par l’ancienne ministre déléguée à la Famille Dominique Bertinotti, lui a été remis le 10 février dernier. »

Suite de l’article ici:

http://rue89.nouvelobs.com/2014/04/07/rapport-dessine-enfin-famille-xxie-siecle-251106?fb_action_ids=10152244647158941&fb_action_types=og.likes

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PMA, GPA, Homoparentalité: chacun sa place!

Article du 7 avril 2014 publié sur l’Huffington Post par Alexandre Urwicz:

« Dans une Tribune parue sur Liberation le 3 avril 2014, le Dr Jean-Philippe WOLF s’interroge sur le droit futur des enfants conçus par AMP (Assistance Médicale à la Procréation) au sein des familles homoparentales. Il fait culminer sa démonstration par la réflexion suivante: « rien ne garantit que les enfants demain ne revendiqueront pas le droit d’avoir un père dans le cas de mères lesbiennes ou une mère pour les parents gays. Et que s’ils le font, on aura l’air malin « .

Ce « raisonnement » est d’autant plus douteux qu’il ne semble s’appliquer qu’aux enfants issus des familles homoparentales. Pourquoi un enfant adopté par une femme célibataire hétérosexuelle n’aurait-il pas plus le droit de revendiquer d’avoir un père? Pourquoi la société organise-t-elle alors l’adoption d’enfants pour les personnes célibataires? On en viendrait même à croire que le mensonge hétérosexuel sur la conception d’un enfant adultérin élevé dans un couple marié serait sans incidence pour l’enfant. En revanche la vérité homosexuelle sur la procréation de l’enfant viendrait bouleverser son avenir! N’est-ce pas là la démonstration manifeste de l’expression d’une discrimination basée sur l’orientation sexuelle des parents ? »

Suite de l’article ici:

http://www.huffingtonpost.fr/alexandre-urwicz/pma-gpa-homoparentalite-chacun-sa-place_b_5100179.html

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Web documentaire « Un combat pour tous »

Super travail du journaliste Guillaume Lecaplain qui à travers plusieurs interviews revient sur l’année du débat du mariage pour tous, sur la manière dont ce débat a été vécu par les homos. A regarder et à diffuser sans modération!

http://www.uncombatpourtous.com/

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Pour en finir avec blablabla l’égalité

Excellente tribune de Gwen Fauchois publiéé sur son blog:

http://gwenfauchois.blogspot.fr/

 » Fin de séquence. L’ouverture de la PMA aux couples de femmes et la loi famille ont été enterrées officiellement par le gouvernement. J’ai presque envie de dire : enfin. Evidemment c’est un coup dur. Mais puisque nos prétendus alliés ont cessé de nous faire miroiter l’accessibilité de compromis plus ou moins satisfaisants, saisissons-nous de cette occasion pour changer nos logiciels.
La PMA (telle qu’elle s’annonçait, c’est-à-dire, au mieux, réservée à des femmes pouvant se prévaloir d’une relation de couple stable) est d’ors et déjà une revendication d’arrière-garde. Elle découlera du vote de l’ouverture du mariage, exactement de la même façon que le mariage était inscrit dans l’adoption du pacs. Quand la droite pousse ses cris d’orfraies destinés à alerter une population supposée attardée sur l’inéluctabilité d’une telle réforme, nous avons raison de protester, il n’empêche que le diagnostic est exact.
La bataille de la PMA est déjà gagnée (ce qui n’en suppose pas moins de la mener), tout simplement parce qu’elle existe, avec ou sans loi. Comme les couples gays préexistaient à leur encadrement juridique et ont rendu celui-ci possible par leur affirmation.
La situation actuelle est injuste, expose à des parcours de combattantes, à des discriminations, condamne les mères au mariage pour se voir reconnues (et encore ce n’est même pas une garantie), mais elle ne changera rien à la détermination tranquille de milliers de femmes d’en recourir à cette pratique pour fonder leur famille.
Dans leur entourage, leur village, les écoles, les centres aérés et clubs sportifs de leurs enfants, cette réalité fera son chemin. Et ces enfants seront chaque jour plus nombreux.
Et le PS, la prochaine fois qu’il aura besoin de se différencier de la droite à moindre frais, ressortira sa promesse des cartons. S’affichant ainsi une fois de plus en réformateur raisonnable et s’appliquant à nous réduire aux récriminations modérées des électorats captifs. A quoi l’opposera-t-il cette fois ? à l’ouverture de la PMA aux célibataires ? à l’encadrement de la GPA ?
Comme un air de déjà vu.
Bien sûr, une dégradation pestilentielle de la situation politique n’est pas totalement à écarter qui renverrait la PMA dans les limbes. Mais alors nous n’en serions pas non plus à nous réclamer de la sécurité juridique.
Nous voici donc momentanément dans une impasse, et même obligés d’essuyer de face une contre-offensive obscurantiste dans laquelle tout ce qui compte de réacs se jette à corps perdu avec force moyens et relais, tandis que nos soutiens font au mieux preuve d’une solidarité distanciée et discrète.
Notre colère est légitime. Nos frustrations compréhensibles. Qui grossissent sur fond d’amertume et sentiments de trahison.
Mais alors que nous sommes quasi unanimes à reprocher au PS de ne plus être une force de transformation sociale, l’heure n’est-elle pas venue d’interroger notre part de responsabilité dans cette oraison ?
Il ne s’agit pas de minimiser les raisons structurelles et politiques qui nous font obstacle mais de se demander si les outils dont nous usons sont efficaces au regard de l’état de nos forces, organisations et conjoncture.
Non pas en termes individuels, ni en pointant telle ou telle association, mais plutôt en questionnant ce qui ressort majoritairement de nos expressions collectives.
Car de notre côté, quelle dynamique de transformation de la société impulsons-nous vraiment ?
En dépit de nos actions, rassemblements et argumentaires, nous peinons non seulement à nous faire entendre mais à susciter des mobilisations hors de nos cercles restreints.
Pourquoi sommes-nous incapables d’établir des ponts solides avec d’autres mouvements ? de réels rassemblements unitaires et durables ?
Les solidarités n’excédant guère les déclarations de principe, aussi vagues qu’inopérantes et la symbolique ponctuelle qui n’engage en réalité personne.
Avec une communauté en lambeaux, éparpillée en groupuscules, aux moyens comptés, s’appuyant sur des militants parfois au bord du burn out, coincés dans un courant défavorable, nous épuisons nos énergies à ériger des digues.
Il n’est de fait pas aisé de relever le nez du guidon pour nous interroger sur la pertinence de nos stratégies.
Il faudrait pourtant l’admettre, certains de nos mots d’ordre sont obsolètes. Inefficaces. Et sans doute même contre-productifs. Au premier rang desquels la revendication de l’égalité.
La force de cette demande ne s’est-elle pas évanouie, ayant produit tout ce qu’elle était en capacité de provoquer ?
Quand nous avons commencé à porter cette exigence, elle a littéralement fait irruption. Choqué les esprits. Sa puissance naissait de ce qu’elle était simplement inconcevable, insensée.
Une partie de la société était prête à nous concéder sa compassion, peut-être même se sentait-elle confusément redevable vis-à-vis de ces pédés qui avaient pris en charge la lutte contre le sida, et le pacs devait en témoigner qui suffirait à éloigner la vision culpabilisante de ces veufs jetés à la rue au lendemain du décès de leur compagnon.
Mais l’homophobie demeurait la norme. Partagée sans états d’âme. Et seul le spectre du communautarisme avait éloigné la solution d’un contrat spécifique.
En fallait-il de l’aplomb pour prétendre à l’égalité !
Y compris dans nos rangs, cette prétention avait effrayé. Une telle surenchère n’allait-elle pas nous aliéner nos soutiens au PS ? N’allait-elle pas faire échouer l’adoption du pacs ?
D’une certaine façon, ce furent les résistances exprimées au cours des débats parlementaires (absence des députés socialistes aux premières séances, application du gouvernement à nous exclure du couple – les pacsés restaient des célibataires- et de la famille et bien sûr outrances de la droite) qui soudèrent les différents courants de la communauté sur cette revendication.
Unité d’opportunité. Peu importe que les uns en aient attendu une perspective de normalisation là où d’autres imaginaient le ver dans la pomme hétéropatriarcale.
S’inscrire dans le principe d’égalité, c’était établir un parallèle entre homophobie et racisme. Car à l’époque, en terme d’affichage public (ce qui n’a rien à voir avec la réalité, car s’il était/est de bon ton de se dire antiraciste, ça n’empêchait/n’empêche en rien de conduire des politiques racistes), s’affirmer anti-raciste faisait partie du package obligatoire du militant de gauche tandis que l’homophobie se partageait sans complexe.
Ce parallèle incongru et inédit devait obliger les partis de gauche à intégrer dans leur petit panier de valeurs la nécessité de briser l’évidence bien partagée, la « normalité » implicite de l’homophobie. Pour mémoire, en1998, un gouvernement de gauche en est encore à censurer une campagne de prévention de la Direction Générale de la Santé et du CFES (comité français pour l’éducation à la santé) qui met en scène deux garçons qui s’embrassent et l’entourage de Jospin n’hésite pas à justifier cette censure ainsi : l’argent public n’a pas à financer le prosélytisme.
Alors si certains émettaient des doutes quant à la pertinence de la stratégie égalitaire (la marche des beurs pour l’égalité était loin d’avoir produit les résultats escomptés) et mettaient en garde sur le risque de verser dans l’injonction normalisante et le corporatisme, ces objections n’atteignaient guère la majorité des militants.
Semblaient protéger de ces écueils les fondements de la lutte contre le sida qui avait posé la coalition des minorités et la déconstruction des mécanismes d’exclusion sociale comme des préalables non négociables (emblématiques de ces choix, les participations d’Act Up-Paris aux deux premières grandes messes télévisuelles du sidaction. Lors de la première édition, le président de l’association, Cleews Vellay avait enflammé la soirée en imposant aux animateurs la question de la santé des prisonniers, tandis que son successeur, Christophe Martet, deux ans plus tard quittait les plateaux de l’émission en s’insurgeant de l’expulsion des malades étrangers).
Dans un mouvement gay en pleine expansion, tout ébaubi de se découvrir chaque jour de nouvelles facettes et découvrant une énergie insoupçonnée dans l’affirmation positive de ses singularités, les éternelles oppositions et tensions entre tenants de la transmutation sociale et ceux de l’intégration paraissaient secondaires, voire dépassables. Les chantiers étaient innombrables. Et les premiers succès nous berçaient.
Les trithérapies arrivaient, des députés commençaient à plancher sur des projets de pénalisation de l’homophobie, des associations recevaient pour la première fois un agrément du ministère de la jeunesse et des sports, et l’idée de subventionner la lutte contre l’homophobie sur des crédits d’action sociale et non plus sur des fonds sida faisait peu à peu son chemin.
Mais au fil des années, le pavé dans la mare s’est transformé en lieu commun.
Tandis que se développaient associations familiales et sociabilité de loisirs, l’influence des associations sida a décliné.
De cœur associatif communautaire, la gestion du politique s’en est trouvée déplacée et déléguée à des associations ou des groupes spécialisés que ce soit au sein des partis traditionnels ou en inter-associatif.
Pour fédérer le plus grand nombre, notre discours s’est simplifié, rétréci pour finir par se polariser sur une revendication-phare phagocytant tout le reste, reléguant au second plan, l’originalité de nos pratiques, nos propositions innovantes, notre capacité à bouleverser des structures sclérosantes et sclérosées.
En positif nous essaimions, en négatif nous en sommes peu à peu revenu à une approche très institutionnelle. Et si les politiques ont intégré certaines de nos revendications, ils ont également repris la main sur la hiérarchisation et le calendrier à leur appliquer.
De choix tactiques en priorités politiques de court termes, un glissement s’est opéré qui nous a vu renoncer à la contestation de la norme en échange d’une participation à celle-ci.
Une évolution qui s’est vue favorisée par des facteurs sociétaux non spécifiques aux gays mais pas sans influence : plus d’une décennie de droite au pouvoir, vouée au libéralisme, à la consommation, l’accent mis sur des stratégies de réussite individuelle, la mise en avant de valeurs traditionnelles comme remède à la crise, l’agitation des peurs. Une sociabilité qui s’est vue impactée par le développement des réseaux sociaux (avec pour les gays une conséquence sur la viabilité des bars et autres lieux de drague physiquement localisés).
L’articulation de nos argumentaires s’est désunie, notre discours dépolitisé. Avec le recul global de l’homophobie, nous nous sommes illusionnés sur sa disparition. Nous avons perdu de vue ses ressorts idéologiques.
D’aucuns ont pu clamer l’inutilité du communautaire, stigmatiser son ringardisme. Oubliant un peu vite combien il était facile de nous réduire au silence quand nous nous privions nous-mêmes d’outils collectifs.
Les partis politiques ont bien saisi le bénéfice qu’ils pouvaient tirer de ce tournant, instaurant dès lors un rapport de force visant à nous canaliser à travers des pratiques de récompense en échange de notre allégeance.
Notre faible poids médiatique, couplé à notre désertion du champ culturel, ont fini de nous réduire à des sigles abscons, désincarnés qui ne touchent plus quiconque : PMA, GPA, LGBTQI … , à des slogans trop généraux qui tendent à faire croire que tout est soluble dans tout et équivalent : égalité, pour toutes, et à des revendications qui se limitent à la reproduction sociale, renvoyant à la marge notre volonté de nous faire partie prenante d’un processus de transformation sociale[1] et rendant de fait inaudibles actions et discours alternatifs.
Quand nous ne nous sommes pas fait, plus ou moins volontairement, les complices de la reconduction d’un ordre social sexiste, raciste et classiste. En niant être traversés nous-mêmes par ces courants. En nous excusant quasiment de nos singularités. En nous appliquant à donner des gages quant à notre respectabilité et notre homologie, à rassurer sur nos pratiques de la conjugalité. Qui nous a entendu nous opposer vigoureusement au pinkwashing ? Aux propos de Marine Le Pen instrumentalisant l’homophobie pour stigmatiser les quartiers ? À ceux qui parmi nous ne cachent pas leur racisme ou prétendent l’habiller de masques libéraux ?
De sorte que nous avons fini par apparaître – même si c’est à tort – comme préoccupés seulement de nos propres droits. Ne luttant plus pour nous opposer aux mécanismes de l’exclusion mais seulement pour recevoir l’autorisation de nous asseoir à la table de la famille traditionnelle, ayant échangé notre force de contestation contre un droit de cité.
Où est passée notre critique des rapports de domination ? Notre opposition à leur inlassable reproduction ? quelle forme d’émancipation proposons-nous ? Quels espaces ouvrons-nous ?
Il est plus que temps, me semble-t-il de sortir des sentiers rebattus de l’égalité et de retrouver une capacité collective à politiser les enjeux de nos luttes. De nous rappeler que les rapports de domination s’inscrivent dans des logiques d’exploitation non seulement sociales mais aussi à visée économique.
Ce qui suppose, si je devais en revenir au point de départ de ce texte, à la PMA et la loi famille, d’affirmer haut et fort que nous voulons une véritable refonte générale des règles de la filiation (à détacher des références biologiques et de la dualité du couple) et non des aménagements qui prennent plus ou moins en compte les réalités de nos vies.
Sur ces questions, quelques éléments de méthode pourraient être cherchés dans une articulation, à diffuser hors de nos cercles d’initiés, des pistes de réflexion proposées par Thomas Linard[2] à travers les textes qu’il publie régulièrement et de la démarche de partage par l’association Les enfants d’Arc en Ciel[3] de témoignages concrets des effets des règles actuelles. Et à condition de ne pas refaire de la famille le titan omnivore que fut le mariage.
Mais plus largement, il me paraît urgent de nous attacher à réinventer des lieux et des moments de rencontres incarnées, (car les réseaux sociaux aussi utiles qu’ils soient sont en train de montrer leurs limites), où la parole des unes et des autres circule, où nos expériences se confrontent, se décalent et s’interpellent. Où les corps et les désirs reprennent place.
Il nous faut régénérer nos expressions collectives, réinvestir le champ culturel au sens large du terme. Nous efforcer de forger des outils contemporains.
Depuis des mois, la détermination violente de quelques-uns à nous faire taire et disparaître de l’espace public ne fait que s’amplifier. Nous pouvons y opposer plaisir, imagination et puissance collective. Ou alors continuer à psalmodier que nous voulons – légitimement – l’égalité. Rien ne nous empêche de produire du sens et du mouvement. Donnons-nous en les moyens. Ouvrons les chantiers.  »
[1] Il y aurait d’ailleurs, à l’aune des divisions traversant aujourd’hui les mouvements féministes, un parallèle à tracer dans les effets politiques des mots d’ordre de l’égalité et de la parité qui furent adoptés quasiment au même moment.

[2] https://www.facebook.com/th.linard

[3] http://lesenfantsarcenciel.wordpress.com/category/vos-temoignages/

 

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Témoignage PMA

Voici un extrait d’un témoignage d’un couple de lesbiennes ayant eu recours à la PMA à plusieurs reprises à l’étranger et des difficultés qu’elles ont rencontrées:

« j’ai fait une FIV pour laquelle ma stimulation a été un peu trop forte, m’a donné des maux de ventre terribles, une souffrance incroyable à la ponction des 14 ovocytes, puis les jours suivants. On m’a transféré un embryon qui n’a pas tenu, lui non plus. Il reste 8 embryons congelés là bas, mais au bout de trois ans de douloureux et couteux parcours, il devient nécessaire de faire une pause. Cette pause que nous n’avons encore jamais faite, en enchaînant 15 échecs et 2 faux départs, en encaissant une fausse couche, et en ayant dépensé à l’étranger l’équivalent de plus d’un an de salaire… »

Pour lire le témoignage dans son intégralité, c’est ici:

http://lesenfantsarcenciel.wordpress.com/2014/01/21/temoignage-de-marie-n18/

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Belgique: Bientôt la filiation automatique au sein des couples de femmes?

Article de Yagg du 27 Mars 2014:

http://yagg.com/2014/03/27/belgique-bientot-la-filiation-automatique-au-sein-des-couples-de-femmes/

Publié par Florian Bardou

Dix ans après l’ouverture du mariage à tous les couples, la Belgique fait (enfin) un pas vers la reconnaissance d’un lien de filiation entre un enfant et la compagne de sa mère. Mais pas pour le compagnon du père.

Hier, mercredi 26 mars, la commission de la Justice du Sénat belge a fait un pas de plus vers l’égalité en approuvant une proposition de loi qui établit un lien de filiation pour la compagne de la mère biologique dans un couple de femmes qui a recouru à une PMA. Le texte déposé le 21 janvier dernier par des sénateurs/trices libéraux/ales et socialistes flamand.e.s et francophones (Jean-Jacques de Gucht pour Open VLD, Philippe Mahoux pour le PS, Guy Swennen pour le SP.A, Christine Defraigne pour le Mouvement réformateur et consorts) a ainsi obtenu 14 voix pour, et une voix contre du représentant du Vlaams Blok, parti d’extrême droite. Il doit maintenant être voté en session plénière au Sénat, la semaine prochaine, et à la Chambre des représentants pour entrer en vigueur.

D’abord un projet de loi voulu par la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom (Open VLD), le texte qui prévoyait de mettre en place un statut de coparentalité pour tous les couples, d’hommes ou de femmes, revient de loin. Écarté par la vice-Première ministre, ministre de l’Intérieur et de l’Égalité des chances, Joëlle Milquet (Centre démocrate humaniste), qui y était opposée, le projet de loi n’avait même pas passé le cap du gouvernement.

Les sénateurs/trices ont donc repris la main sur le sujet, d’autant que les élections législatives fédérales belges approchent – elles auront lieu le 25 mai prochain. Cependant, ils et elles n’ont retenu que la coparentalité lesbienne dans le cadre d’une PMA, évacuant ainsi la question de la coparentalité des couples d’hommes, notamment dans le cadre d’une GPA, qui n’est ni autorisée ni interdite en Belgique. L’établissement de la filiation sera automatique si le couple est marié, sinon il se fera par reconnaissance, comme pour les couples hétérosexuels.

UNE AVANCÉE «À DEMI-PAS»
Pour les associations LGBT, si cette proposition de loi est saluée pour les droits qu’elle crée, il ne s’agit pourtant que d’une avancée «à demi-pas». «On se félicite qu’il y ait enfin bientôt une loi, mais ça fait dix ans que le mariage pour tous les couples a été voté, donc il était plus que temps que ça arrive», a commenté Verlaine Berger, chargée de communication d’Arc-en-ciel Wallonie, la fédération wallonne des associations LGBT.

«C’est un premier pas qui va résoudre des problèmes plutôt compliqués notamment pour la mère sociale», explique pour sa part David Paternotte, docteur en sciences politiques et sociales à l’Université libre de Bruxelles, auteur de Revendiquer le «mariage gay». Belgique, France, Espagne en 2011. «Mais cela reste une disposition inégalitaire en termes de genre», poursuit-il, puisque les couples d’hommes en sont exclus. D’ailleurs, il tient à souligner le consensus des politiques belges sur la question: «Tous les partis démocratiques l’ont voté, y compris les démocrates chrétiens». Une position assez nouvelle en Belgique francophone, au contraire des démocrates chrétiens flamands qui avaient déjà la liberté de vote sur le mariage en 2003.

Pour autant, certains flous ou problèmes ne sont pas encore résolus. D’un côté, l’obligation de passer par un centre médicalisé pour les couples de lesbiennes qui souhaitent réaliser une PMA est contestée par Arc-en-ciel Wallonie. «Cela ne fait que remettre une barrière», regrette Verlaine Berger, qui souligne notamment «l’obligation d’être suivi.e.s par un corps médical et d’avoir l’autorisation de réaliser une insémination, ce qu’un couple hétéro n’est pas obligé de faire». D’autre part, la question de la filiation pour les couples d’hommes n’est pas réglée et reste inégalitaire. «On prône qu’il faudrait légiférer en la matière, notamment sur la GPA, pour mieux l’encadrer», ajoute-t-elle.

En Belgique, l’adoption par les couples homos reste un parcours du combattant. Selon la militante, malgré la loi belge sur l’adoption de 2006, elle reste très difficile à l’étranger, et très compliquée en Belgique même, puisque très peu d’enfant sont adoptables. Seuls 6 enfants belges auraient été adoptés par des couples gays et lesbiens entre 2006 et 2013 par la procédure d’adoption interne.

Par ailleurs, la commission de la Justice de la Chambre des représentants a également approuvé le même jour un projet de loi des ministres Joëlle Milquet et Annemie Turtelboom, modifiant la loi anti-discrimination de 2007 pour y inclure l’identité de genre et l’expression de genre comme motifs de discrimination pénalement répréhensibles.

Photo Stephanie Haynes

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