Archives de Tag: Adoption

« CP des EAC: L’injustice perdure, et la Justice s’en fait l’interprète ! »

Communiqué de presse de l’association les Enfants d’Arc en Ciel suite à une adoption refusée:

http://lesenfantsarcenciel.wordpress.com/2014/04/30/cp-des-eac-linjustice-perdure-et-la-justice-sen-fait-linterprete/

Par jugement en date du mardi 29 avril 2014, le Tribunal de Grande Instance de Versailles vient de rendre le premier jugement en France refusant l’adoption de l’enfant du conjoint dans une famille homoparentale au motif que cet enfant « a été conçu par le biais d’un protocole de procréation médicalement assistée en Belgique ».

Ce tribunal a estimé « Que le procédé qui consiste à bénéficier à l’étranger d’une assistance médicale à la procréation interdite en France, puis à demander l’adoption de l’enfant, conçu conformément à la loi étrangère mais en violation de la loi française, constitue une fraude à celle-ci et interdit donc l’adoption de l’enfant illégalement conçu ».

Nous n’avons eu de cesse de le répéter, les évolutions législatives de 2013 sont insuffisantes.
En France tous les enfants n’ont pas la même protection filiative. Ceux des familles homoparentales ne sont pas protégés dès leur naissance par leurs deux parents. L’adoption de l’enfant du conjoint est un mode d’établissement judiciarisé de la filiation et dépend donc de l’arbitraire judiciaire.

Ce jugement démontre, de manière criante et violente, l’inégalité qui persiste entre les enfants des familles homoparentales et les enfants des familles hétéroparentales.

Félicitations M. le Président, M le Premier Ministre, Me la Ministre déléguée à la famille, Me la Ministre de la justice.
Aujourd’hui, Martin 4 ans s’est vu refuser son adoption par sa maman non-statutaire au TGI de Versailles.
Votre loi n’est qu’un trompe l’œil. Votre loi est celle de l’arbitraire. Une loi qui met au ban de la société des enfants. Une loi qui met en exergue que certaines familles valent mieux que d’autres.

Votre refus d’avancer sur la loi famille, la filiation et la Procréation Médicalement Assistée n’est que la marque du mépris pour cet enfant.
Aujourd’hui, il ne reste plus à Martin, malgré le mariage forcé de ses parents, que l’espérance que les aléas de la vie ne le sépare pas de ses mamans parce que ce si beau pays dans lequel il vit refuse de le considérer et de le protéger.

Maintenant, faudra-t-il attendre le décès de sa mère de naissance et que l’enfant soit séparé de sa seconde mère pour que vous réagissiez ? Ou que votre déni de cette réalité affecte des centaines d’autres enfants ?

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« PMA : trahison socialiste »

Article de Jean-Philippe Cazier sur son blog Mediapart:

« on ne peut s’empêcher d’avoir l’idée que ce refus de la PMA pour toutes est aussi l’expression de l’idéologie finalement bourgeoise et réactionnaire, hétérosexiste, qui anime ce gouvernement : accordons des droits mais pas trop, pas jusqu’au point où ils changeraient vraiment non seulement les situations effectives des individus, mais aussi où des changements dans l’ordre de la loi et des institutions accompagneraient des changements sociaux et subjectifs réels. « Un peu, mais pas trop », était-ce la formule complémentaire du slogan « Le changement c’est maintenant » ? »

Article dans son intégralité:

http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-philippe-cazier/230414/pma-trahison-socialiste

 

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« Mariage: la loi Taubira a chamboulé la vie d’homosexuels, surtout ceux voulant adopter »

Article du Nouvel Obs publié le 18 avril 2014:

« Paris (AFP) – « Avant on disait +mon amie+ mais on n’aimait pas ça, maintenant on saisit la moindre occasion pour dire +mon épouse+ ». Jennifer a épousé Corinne grâce à la loi Taubira. Comme des milliers de couples homosexuels ravis d’en finir avec leur condition de « sous-citoyens ». »

Suite de l’article:

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20140418.AFP5204/mariage-la-loi-taubira-a-chamboule-la-vie-d-homosexuels-surtout-ceux-voulant-adopter.html

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« Homos : un an après le mariage, la famille pour tous attendra »

Article du 22 avril 2014 sur Metronews:

La loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels fête son premier anniversaire ce mercredi. Mais pour eux, fonder une famille reste un combat.

Suite de l’article ici:

http://www.metronews.fr/info/homos-un-an-apres-le-mariage-la-famille-pour-tous-attendra/mndv!ZCiWSlaujkZYs/

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Mariage homosexuel : la France raillée par ses voisins européens

Article de Métro du 6 février 2013

http://www.metrofrance.com/info/mariage-homosexuel-la-france-raillee-par-ses-voisins-europeens/mmbf!B9UOXBO3kBTg/#.URN6wSemy9A.facebook

POLEMIQUE – Alors que le débat enflamme l’Assemblée nationale et que les opposants au mariage gay restent ultra-mobilisés, Metro a interrogé des journalistes étrangers pour connaître leur regard sur le projet de loi qui divise tant le pays. Le constat est sans appel.

Des opposantes au mariage pour tous lors de la manifestation à Paris le 13 janvier.

Des opposantes au mariage pour tous lors de la manifestation à Paris le 13 janvier. Photo : SIPA

 « Indigne », « glaçant », « hypocrite ». Le débat sur le mariage pour tous, qui donne lieu à des échanges passionnés depuis des mois en France, étonne et déçoit nos voisins européens. Dernier pays en date à avoir fait passer la réforme du mariage pour les couples homosexuels : la Grande-Bretagne et son gouvernement… conservateur. « Avec des débats beaucoup moins houleux qu’en France », souligne pour Metro Philip Turle, rédacteur en chef adjoint à la rédaction anglaise de RFI, qui ajoute que « la population anglaise n’a pas du tout manifesté ». Les Britanniques ont donc beaucoup de mal à comprendre, poursuit-il, « pourquoi autant de réticences, de débats, et de clivages outre Manche, alors que même l’Espagne a réussi cette avancée sociale ». Il faut croire que « la France est en retard par rapport à l’Europe », conclut-il.

Autre pays réputé pour son conservatisme, l’Espagne a en effet adopté la loi il y a maintenant huit ans. Aujourd’hui, les médias raillent « l’hypocrisie à la Française ». A l’instar du grand quotidien El Pais, qui ne fait pas de cadeau à son voisin, critiquant vertement son « marathon de séances parlementaires inutiles » donnant lieu à des « arguments fallacieux et des anachronismes sociaux sans précédent ». « Chez nous aussi, la société demeure très partagée sur le sujet », affirme le journaliste Juan Pedro Quinonero, correspondant pour le journal conservateur espagnol ABC. « Toutefois, note-t-il, j’ai été très surpris par la diversité des opposants dans la ‘Manif pour tous’ à Paris, où l’on retrouvait aussi bien des familles traditionnelles que modernes ». L’Hexagone serait-il donc plus réac’ qu’on ne le croit ?

Des politiques qui « manquent de courage »

« Je n’imaginais pas la France aussi conservatrice ! », s’étonne ainsi la journaliste belge Joelle Meskens, correspondante pour Le Soir. En poste depuis quinze ans à Paris, elle se dit pourtant « stupéfaite par la virulence des débats ». « En Belgique, nous dit-elle, où la loi est passée il y a dix ans, il n’y a eu aucune manifestation ». Aujourd’hui, « les Belges suivent de près ce débat en France et sont étonnés par ce feuilleton incroyable, si passionné ». Pour la journaliste, cela révèle un vrai paradoxe : « la France met en avant sa laïcité en toutes occasions, or il apparaît avec ce débat que les religions ont encore une réelle influence sur les mentalités ».

Le Britannique Philip Turle se montre beaucoup plus sévère. Et s’en prend directement à la classe politique française dans son ensemble. Avec, d’un côté, une « droite qui n’élève pas le débat » : « on a entendu des dérapages indigne d’un élu », déplore-t-il. De l’autre, un « gouvernement qui manque de courage ». « L’équipe de François Hollande, comme le président lui-même, manque d’expérience politique et de la poigne nécessaire pour mener un débat jusqu’au bout », estime le journaliste. « La société française n’aime pas le changement et son gouvernement est incapable de la rassurer ».

Pire, « il tergiverse sur la PMA, en faisant des petits pas en avant puis en arrière, ce qui montre bien un vrai manque de fermeté politique », assure-t-il. Pour lui, la France devrait regarder en dehors de ses frontières et prendre exemple : « Quand on voit qu’en Grande-Bretagne c’est le parti conservateur qui a fait passer cette réforme sans problème, il faut se poser des questions sur la maturité de la classe politique française ».

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Allemagne: les enfants d’homoparents ne souffrent pas de problèmes émotionnels ou psychologiques, selon une enquête officielle

Article de Yagg, 4 février 2013:

http://yagg.com/2013/02/04/allemagne-la-premiere-etude-sur-les-familles-homoparentales-a-ete-publiee/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed:+Yagg+%28Yagg%29&utm_content=Netvibes

Publié par   |   Dans Égalité des droits,Homoparentalité,Société

Angela Merkel est toujours opposée, comme son parti, à l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe. La première étude (BMJ) représentative des familles homoparentales en Allemagne vient donner de l’eau au moulin des partisans de l’égalité. Elle montre que les enfants élevés par deux pères ou par deux mères, qui seraient au moins 7000 en Allemagne (selon une enquête de 2009) ne rencontrent pas de problèmes particuliers dans leur développement et dans leur rapport à la société, par rapport aux enfants issus des autres familles.

L’étude a été commandée par Brigitte Zypries, l’ancienne ministre de la Justice SPD (le parti social-démocrate) en 2006. Des enquêtes ont été menées auprès des parents et des enfants de familles homoparentales dans deux régions en Bavière. À l’Institut de Recherche sur la Famille de Bamberg, 1059 homoparents ont été questionnés sur différents thèmes allant de la répartition des tâches, aux rapports avec les personnes extérieures à la famille, en passant par la discrimination. Une petite centaine d’enfants âgés de 10 à 18 ans ont aussi répondu aux questions de l’enquête, portant sur l’estime de soi, la relation à leurs parents, leur façon de gérer le regard des autres.

PAS DE PROBLÈMES ÉMOTIONNELS OU PSYCHOLOGIQUES
Comparés aux données récoltées auprès de familles hétérosexuelles, monoparentales ou recomposées, les résultats des questionnaires ont montré que les enfants des familles homoparentales ne souffrent pas de problèmes émotionnels ou psychologiques, comme l’explique Elke Jansen dans le compte-rendu de l’enquête: «Ils gèrent très bien les étapes clefs de l’adolescence, comme celle de construire leurs premières relations intimes, de développer des relations stables et productives avec leurs pairs, tout en parvenant à une indépendance émotionnelle vis-à-vis de leurs parents et des autres adultes – et par certains aspects, ils font parfois même mieux que ceux qui grandissent dans des familles hétérosexuelles nucléaires, monoparentales ou recomposées: par exemple, ils planifient et organisent l’école et leur carrière professionnelle plus en avance et prennent cet enjeu plus au sérieux.»

TRÈS FORT NIVEAU D’ESTIME DE SOI
Parmi les résultats les plus significatifs, l’étude montre aussi que les enfants des familles homoparentales ont un très fort niveau d’estime de soi et d’autonomie. Concernant la discrimination, 13% des enfants interrogés ont déjà subi des attaques verbales, ont été embêtés, ont entendu des commentaires idiots ou subi des moqueries, tandis que 17% ont déclarés n’avoir que rarement subi ce genre d’incidents, et 67% à ne jamais avoir été victimes de ces discriminations en raison de leur famille.

Lire le compte-rendu de l’étude BMJ (en anglais).

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Fille d’un couple de même sexe, je ne suis pas une demi-enfant

Témoignage d’une adolescente élevée dans une famille homoparentale sur le blog débat de Têtu:

http://blogs.tetu.com/sur-le-chemin-de-l-egalite/2013/02/05/fille-dun-couple-de-meme-sexe-je-ne-suis-pas-une-demi-enfant/

manifcivitas

Bannière brandie par les manifestants de Civitas le 18 novembre 2012 à Paris

Eileen, 16 ans, vit dans une famille homoparentale. Se sentant concernée par le débat actuel sur le mariage pour tous, elle supporte difficilement être jugée par des personnes pointant du doigt sa situation d’enfant d’homos. Très en colère par les propos tenus par les opposants au projet de loi, elle a décidé de nous faire part de son ressenti, dans un témoignage très mature.

«Le mariage pour tous et l’adoption pour les couples homosexuels, ces sujets dont tout le monde parle ces temps-ci. Tout le monde en parle, tout le monde débat, tout le monde donne son avis, vient exposer ses idées, qu’elles soient argumentées, ou non. J’en entends tellement parler, que je ne crois pas qu’il y ait un jour où je ne tombe pas sur un sujet à la télévision ou un article sur internet. Et je dois dire que cela commence à me taper sur les nerfs, que j’en ai ras le bol d’entendre des tergiversations, des faux-débats, des faux-arguments donnés par des personnes qui croient connaître le sujet, sont certains de ce qu’ils avancent et qui, parfois, ne semblent pas se rendre compte de la bêtise qui rythme leurs propos.

Je me suis beaucoup demandé s’il fallait que j’écrive quelque chose là-dessus, si je devais contribuer au débat et donner mon avis. Parce que, c’est vrai je n’ai que seize ans, après tout. Et qui écouterait, lirait ce qu’une adolescente a à dire? Mais le fait est, que je suis directement touchée par ce débat, et que celui-ci m’affecte énormément. Et à force d’en entendre parler tous les jours, de voir que ça occupe l’actualité nationale, j’ai fini par décider qu’il fallait que je fasse quelque chose, que je parle de mes sentiments à ce propos dans un texte, comme l’ont sans doute déjà fait d’autres personnes, célèbres ou non. Je n’ai pas la prétention de penser pouvoir faire changer les choses avec des mots, parce que je pense que s’il était possible de le faire, quelqu’un y serait parvenu avant moi. Je voudrais simplement faire passer un message, faire entendre la voix de ceux que l’on entend pas ou peu, et qui eux aussi ont quelque chose à dire et jouent un rôle dans cette histoire: les enfants des couples homosexuels. Ce que je suis, en quelque sorte puisque mon cas est particulier, cependant je compte aussi. Mais je ne raconterai pas ma vie, ce n’est pas mon but. Je veux seulement me faire porte-parole des oubliés de ce débat.

D’après une récente étude, nous sommes plus de 40 000 enfants en France, à vivre ou à avoir vécu et grandi dans une famille homoparentale. C’est beaucoup, n’est-ce pas? Et c’est surprenant aussi. C’est surprenant parce que personne ne mentionne jamais ces gens, personne ne se dit jamais qu’il faudrait peut-être aller voir ce qu’ils ont à dire, ce qu’ils ressentent. Mais nous sommes là! Oui, nous existons. Et nous suivons tous ces débats, nous entendons tous vos propos, toutes vos phrases souvent blessantes et totalement fausses. Mais celles-ci sont toujours dites sans homophobie, aucune. Évidemment, qui dirait le contraire? C’est sans homophobie, sans discrimination, que l’on attaque nos familles, que l’on nous attaque, nous. Que l’on remet en cause notre construction, les murs de nos vies. Mais, bien sûr, on ne doit pas les prendre comme des attaques, ce n’en sont pas, pourquoi penser cela? Vous essayez juste de démontrer que ce que vous pensez est la vérité, que vous avez raison d’énoncer votre façon de penser et d’essayer d’y faire adhérer la population. Mais, avant de parler, avant d’oser vous forger une opinion à ce sujet, vous y êtes-vous réellement intéressé? Avez-vous lu des témoignages, regardé autour de vous, discuté avec les principaux concernés? Je suppose, sans penser me tromper, que non. En même temps, qui se soucie de savoir ce que des enfants d’homos ont à dire? On préfère parler de nous, de nos familles, de nos vies, sans même nous connaître.

Vous savez ce que nous ressentons, ce que nous pensons de tout cela? Lorsque nous vous entendons, vous politiciens et psychologues, surtout psychologues, parler de nous, comme si vous étiez dans nos têtes, logiez dans nos corps, viviez ce que nous vivons, ce sont des attaques personnelles que nous ressentons. On a l’impression que vous nous connaissez, que vous savez tout de nous. Mais de quel droit? Et puis, sur quoi vous basez-vous? Des études scientifiques? Des déductions fortement liées à vos convictions? Il faut que vous sachiez, que tout ne se résume pas à la science, que tout ne tient pas du psychologique. Il y a l’amour aussi, les liens que l’on crée avec les personnes avec qui nous vivons, que ça soit depuis la naissance, ou après des événements venus bousculer notre vie. Et ceci est vrai dans plusieurs situations, pas seulement dans celle-ci. Cependant, vous êtes bien trop imbus de votre personne, certains de vos idées, pour penser, une seule seconde, vous remettre en question. Mais croyez-moi, vous devriez fortement y songer.

Vous devriez fortement y songer, car vous ne vous rendez pas compte du mal que vous pouvez faire. Vous ne vous rendez pas compte de l’impression que vous donnez aux personnes que vous attaquez, directement ou non. Parce que, même si je suppose que la plupart d’entre nous essayent de faire abstraction, de ne pas écouter et se laisser atteindre par tout cela, après l’ignorance, vient quand même la colère et l’indignation. Et ceci est exactement ce que je ressens aujourd’hui.

Au moment où j’écris, c’est la colère qui me dicte ce que je dois dire, et contrôle mes doigts qui tapent sur le clavier. C’est la colère qui tient mon esprit, empli mes pensées et me répète sans cesse que tout cela est injuste.

Lorsque nous sommes élevés dans une famille homoparentale, ce n’est pas toujours facile avec les autres, surtout quand on est enfant. Souvent, nos camarades de classe se demandent qui est la personne qui vient de temps en temps nous chercher à l’école quand ce n’est pas notre mère ou notre père. Et comme nous sommes des enfants, que l’on ne sait pas que dire la vérité peut nous mener à être malheureux, on la dit. Nos copains se posent donc des questions, questions qu’ils nous posent, posent à leurs parents et à je ne sais qui d’autre. Viennent alors les regards inquisiteurs, les moqueries, les insultes. On finit forcément par regretter d’avoir dit la vérité, victime de notre innocence. En grandissant, on apprend à se protéger et à ne plus rien dire qui puisse nous nuire. On pense aussi, on espère, que les adultes sont moins idiots, que ce genre de comportements ne sont plus dans le monde des adultes et que nous serons alors tranquilles. À entendre certains de vos propos, il semblerait que ça ne soit pas vrai et qu’au final, la bêtise continue d’opérer durant toute la vie humaine. Peut-être qu’elle empire avec l’âge, à bien y réfléchir. Comme c’est désolant.

Après les politiques et les psychologues/médecins, viennent les religieux. Excusez-moi mais, de quoi se mêlent-ils au juste? Comment osent-ils se permettre de parler de sexualité, de famille, alors que de toute façon, ils ont renoncé aux deux en entrant dans les ordres? Laissez-moi rire. Il me semble que le mariage homosexuel ne sera en aucun cas célébré à l’Eglise, mais à la mairie. Ces couples ne demandent pas le mariage religieux, mais le mariage civil. Encore une fois, il me semble que l’Église et l’État sont séparés depuis 1905. Mais apparemment l’Église essaye encore de venir mettre son grain de sel dans les affaires de société qui ne la regardent pas.

La religion ne veut pas d’homosexuels ou d’enfants d’homosexuels parmi ses fidèles? C’est plutôt paradoxale. Je pensais que l’Église prônait l’égalité, que Dieu acceptait tout le monde et pardonnait. Aurions-nous été trompés? Qu’est-ce qui dérange vraiment les religieux là-dedans? Je veux dire, en quoi est-ce que la loi autorisant le mariage et l’adoption des homosexuels va changer leur vie? Je ne comprends pas, et pourtant j’essaie. La reconnaissance religieuse grâce au mariage, n’est pas ce que cherchent ces personnes. La seule chose qu’ils veulent, c’est une reconnaissance sociale grâce au mariage civil. Ils veulent simplement pouvoir dire «nous sommes mariés», comme les couples hétérosexuels le font. Même si, lorsque l’on y pense bien, ils veulent surtout bénéficier des mêmes droits que les autres. Savoir que la personne avec qui ils partagent leur vie ne serait pas laisser sans rien si il leur arrivait quelque chose, savoir que ce qu’ils partagent avec une personne est reconnu et compte officiellement.

Ils ne veulent pas qu’on leur lance du riz à la sortie de l’Église, qu’on leur offre de la vaisselle en cadeau de mariage. Tout cela n’est qu’une demande de droits similaires à ceux des autres. Demande qui est tout à fait légitime, je crois.

Quant à leurs enfants, raison principale pour laquelle j’écris ceci, nous souhaitons simplement une reconnaissance de notre famille. Nous voulons pouvoir dire que nos parents sont mariés, avoir la certitude que notre famille existe aux yeux de la loi, et que nos deux parents ont les mêmes droits sur nous. Ce qui, à l’heure actuelle, est bien loin d’être le cas. Aujourd’hui, si dans un couple homosexuel, une des personnes à un enfant, l’autre personne ne sera pas reconnu comme responsable légal de celui-ci.

Quel enfant devrait supporter le fait de savoir que sa famille n’est pas reconnue, qu’il n’est pas officiellement l’enfant des deux personnes qui l’élèvent et le rendent heureux? La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen dit que «tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits»’. Vraiment? Ce n’est pas l’impression que j’ai.

Finalement, si on creuse jusqu’au bout, on peut même apercevoir la question de dignité humaine. Dans notre société, le mariage et la reconnaissance sociale par des contrats de ce genre sont tellement importants, que je ne pense pas me fourvoyer en disant que les gens portent un regard différent sur nous en fonction de notre statut familial. Comme ils le font concernant l’argent.

On veut l’égalité pour tous, on veut que tout le monde soit logé à la même enseigne, que tout le monde ait les mêmes droits, et on pose des milliers de problèmes pour une question aussi simple que le mariage et l’adoption pour tous?

On ne doit pas tous avoir la même définition du mot «égalité». Je pense, que l’égalité, soit elle est totale, soit il n’y en a pas. Puis, il faut savoir ce que l’on veut, n’est-ce pas?

En fait, je pense que tous ces débats ne sont que panem et circences, histoire de distraire les foules. Parce que pendant que l’on parle de cela, on repousse l’échéance, puis les politiques ont le temps de concocter de bons petits coups foireux. Et un jour on apprendra que le projet de loi à été abandonné, pour une raison ou pour une autre, valable ou non, acceptée par la population, ou non. C’est tellement simple de faire cela, de profiter de son pouvoir et de croire que celui-ci nous permet de décider qui est assez humain pour avoir des droits, et qui ne l’est pas.

Finalement, je pense que tout ceci n’a pas de sens, qu’il n’y a pas de questions à se poser. Je connais des enfants de couples homosexuels, j’en suis une moi-même, et je connais aussi des homosexuels, et ils sont tout à fait normaux, il n’y a pas de différence avec les autres. La seule différence qu’il y ait, c’est vous qui la créez. Avec vos débats inutiles, vos questions ridicules, vos préjugés dépassés, vous faites sentir aux gens qu’ils sont différents et qu’ils ne sont pas assez humains pour pouvoir accéder aux mêmes droits que les autres. Et ce n’est pas acceptable.

Je ne pense pas que ce texte bien insignifiant fera changer quelque chose, je ne pense pas qu’il aura un quelconque poids dans les débats actuels. Cependant, je me devais de l’écrire, et le fait que des gens le lisent est bien assez valorisant pour moi. J’espère simplement que j’aurais réussi à faire changer des points de vue, ou au moins à faire réfléchir.»

Eileen

 

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