Archives de Tag: 16 décembre

Eux défendent leur avis, nous notre avenir

http://homoparentalite.blogs.liberation.fr/meres/2012/12/eux-defendent-leur-avis-nous-notre-avenir.html#more

Bon bah voilà. Le week-end dernier, chez nous on a délaissé le sapin tout nu qui attendait ses boules, et on a fabriqué des pancartes avec une palette ramassée dans la rue et de la ficelle à rôti. Dimanche midi, on a emmitouflé notre bébé contre nous, on a décoré la poussette, on a pris 25 couches et emporté de quoi ouvrir un magasin de puériculture, et on s’est engouffrées dans le métro direction Bastille.

Une demi-heure d’avance au rendez-vous prévu pour le départ, et pourtant certains de nos amis étaient déjà là ! On avait beau savoir qu’ils viendraient, c’était émouvant de voir des gens se déplacer alors qu’ils avaient sans doute mieux à faire un dimanche avant les fêtes… Au final ils étaient plus d’une dizaine, presque tous hétéros, à venir battre le pavé pour notre nain. Ils ont marché jusqu’au bout, porté les pancartes, et répondu aux questions des journalistes qui paraissaient étonnés de les voir se sentir concernés.

Je ne sais pas si c’est cet attroupement particulier autour de nous trois, ou simplement un hasard d’endroit et de moment, mais nous avons très vite été cernées par les caméras et les appareils photo, nous retrouvant alors à répondre pour la première fois de notre vie à une street interview, pour répéter encore et toujours le pourquoi du comment.

Petit à petit, le cortège s’est  étoffé, et lorsque nous avons quitté la place, c’est au milieu d’une foule de familles aux compositions diverses.

De cette marche nous retiendrons le froid, bébé qui nous fait le cadeau de dormir comme un loir toute l’après-midi, le change en catastrophe façon MacGyver dans les toilettes d’un café parce que chaque cadeau a ses limites, et surtout cette curiosité des médias, l’étrange décalage que nous avons alors ressenti  le soir en nous blottissant à la maison.

Qu’on ne se trompe pas, il nous semblait indispensable d’être là tous les trois, de nous mobiliser pour notre famille, et de la même façon que ce blog existe, de témoigner de notre quotidien qui nous semble si banal. Et pourtant, quel paradoxe de sourire aux photographes qui passent, de jouer à ce cirque médiatique comme si nous n’étions qu’un marronnier de plus avant la prochaine crise. Ce qui, pour une grande partie de la société, n’est qu’une « actualité » à date de péremption, une joute médiatique dans laquelle on compte le nombre de manifestants pour savoir qui a la plus grosse, est pour nous un tantinet plus sérieux.

Nous, en marchant dimanche, c’est notre avenir que nous jouions. Alors que ceux qui défilent « contre » n’ont rien à perdre, nous nous avons tout à gagner. Nous n’avons pas loué un bébé pour la manifestation en se disant que ça serait mignon et que ça nous permettrait de marquer des points chez la ménagère de moins de 50 ans. Nous n’avons pas été construits pour l’occasion par un « diabolique » lobby politico-associatif à destination d’une opération marketing savamment calculée. Nous n’avons pas attendu que le sujet soit à la mode pour exister, par contre nous serons toujours là dans deux mois, deux ans, vingt ans, notre fils aura peut être des sœurs et frères, et nous serons toujours leurs parents.

On a beau dire, il y a une différence majeure entre les participants des manifs anti-mariage et ceux de dimanche. Quand tout ceci sera fini, quand cette loi sera votée ou non, tous ces gens retourneront à leur vie exactement inchangée. Tout ça n’aura été pour eux qu’une cause dont ils se seront sentis bizarrement investis pendant quelques semaines, alors même que l’issue ne bousculerait pas un atome de leur univers personnel. Ils rangeront leurs pancartes et leurs stars d’un jour, et faute d’articles à commenter les penseurs autoproclamés n’auront plus que le repas dominical comme tribune publique, sans que leur avis ait changé quoi que ce soit à la réalité de notre existence. Ils auront le droit de continuer à trouver ça mal, à le dire à leurs enfants, à transmettre leur conception de la famille, et quand ils nous rencontrerons dans leur quotidien ils auront même le droit de fermer les yeux très fort en se persuadant que nous ne sommes qu’un cauchemar.

Car enfin, que croient-ils ? Quand se rendront-ils compte que le débat, aussi intéressant soit-il, n’est pas «pour  ou  contre  l’homoparentalité» ? Que quel que soit leur avis, il n’est pas question ici de nous donner le droit d’avoir un enfant qui existe bel et bien ? Imaginent-ils que s’ils sont assez nombreux à dire « je suis contre », je vais aller abandonner mon fils ou qu’on nous en retirera la garde ? Que si la société est contre, nous nous abstiendrons de recommencer ? Quel pouvoir pensent-ils avoir exactement sur ma vie en exprimant leur désaccord sur celle-ci ? Tous les arguments des « anti », du plus rationnel au plus fantaisiste, du plus argumenté et poli à la phrase la plus lapidaire peuvent être résumé en une idée : nous ne voulons pas d’enfants élevés par des homos.

Ce qui est complètement absurde, puisque l’enjeu n’est absolument pas celui-ci. Des familles homoparentales il y en a eu, il y en a, et il y en aura, et même en étant des milliers à trouver ça très très mal, ça ne changera rien… Je ne sais pas à quel moment les gens ont cru que leur opinion était si importante qu’elle allait avoir un quelconque poids dans la venue au monde de ces enfants? Chérie, j’ai très envie qu’on ait un enfant seulement voilà, Pepette75 est totalement contre alors j’hésite vraiment…

C’est sûr que si on s’en tient à la question purement législative d’encadrement civil d’une situation déjà existante, c’est beaucoup moins glamour que les débats autour de la chambre à coucher des uns et des autres.

Nous sommes descendus dans la rue, parce que nous n’adhérons pas du tout à cet embrasement général contre cette loi, qui nous semble surdimensionné et à côté de la plaque, tant ils semblent découvrir avec effroi une situation qui existait déjà l’année dernière et l’année d’avant, et celle d’avant-avant.

Et moi, malgré cette amertume, je suis aussi pleine de paradoxes, et ce blog s’inscrit aussi à son niveau dans le grand raout médiatique que je viens de critiquer. Mais je veux croire que témoigner de notre réalité, loin des fantasmes et des oeillères des uns et des autres, participe à garder un peu les pieds sur terre. Et quand je vois comment une note pleine de bons sentiments sur les gens-gentils-tout-plein peut faire aussi peur et générer plus d’une centaine de commentaires, pour la plupart indignés et scandalisés, je me dis que ce n’est pas encore gagné.

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Articles et recherches

Manifestation le 16 décembre à la Réunion

http://www.linfo.re/-Societe-/Mobilisation-pour-le-mariage-pour-tous

200 personnes se sont mobilisées aujourd’hui sur le front de mer de Saint-Leu pou apporter leur soutien au projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels.

Une semaine après la mobilisation des opposants au mariage pour tous, les partisans du projet de loi ouvrant le mariage à tous les couples se sont rassemblés à leur tour cet après-midi à Saint-Leu. Près de 200 personnes ont répondu présent à l’appel d’Anaïs Commins. – organisatrice de la mobilisation.
Une initiative citoyenne pour faire entendre le point de vue des pro mariage pour tous. Homosexuels, hétérosexuels, membres d’associations ou simples citoyens ont tous tenu à être présents aujourd’hui à Saint-Leu.
Ils soutiennent tous le texte de loi défendu par le gouvernement. Selon eux, il permettrait aux couples homosexuels d’avoir un statut légal et jouir des mêmes droits que les couples hétérosexuels sur la succession ou sur les enfants, notamment.
Si le rassemblement n’a pas mobilisé autant de personnes que celui de la semaine dernière, pour l’organisatrice il ne s’agit pas d’opposer deux groupes de la société. « Ce rassemblement n’est pas une réponse à ce qu’il s’est passé dimanche dernier, même si le hasard du calendrier fait que ça se passe comme ça« , explique Anaïs Commins.
Stéphane Ducam, secrétaire de l’association LGBT 974, rappelle que « historiquement le mariage n’est pas basé sur l’amour. Il a servi en terme d’acte et de contrat à maintenir les biens. Alors que nous, nous ayons des envies qui soient équivalentes aux gens normaux, c’est surtout parce que nous sommes des gens normaux« .
Des politiques sont également venus apporter leur soutien à ce mouvement. Tous espèrent que la loi soit aussi un pas en avant pour une société plus tolérante.

Poster un commentaire

Classé dans Actions passées

Hétéro solidaire, manifestation 16 décembre 2012 pour l’égalité des droits

1-dsc_0581

1 commentaire

19 décembre 2012 · 08:45

Photo manifestation 16 décembre 2012

web_mariage-homo

Poster un commentaire

19 décembre 2012 · 08:43

Photo de la manifestation pour l’égalité des droits (16 décembre) à Paris

img_6355

http://dawhistle.wordpress.com/2012/12/17/manifestation-pour-legalite-dimanche-16-decembre-2011/

Poster un commentaire

Classé dans Actions, Actions passées, Images, Médias

Photo: égalité des droits pour les familles homoparentales

1807159_3_b4cd_ils-etaient-60-000-selon-la-police-a_6aa4e0823c75b484275ca70854b15eac

Photo de Lionel Bonaventure (AFP)

Poster un commentaire

Classé dans Actions, Actions passées, Actualités, Images, Médias

Mariage pour tous : «C’était une très belle manif, bien militante»

Article de Libération du 16 décembre 2012 par Marie Piquemal:

http://www.liberation.fr/societe/2012/12/16/si-t-es-fier-d-etre-homo-tape-dans-tes-mains_867960

Libération a suivi toute la journée des militants d’une association gay et lesbienne, Ex Aequo, venus de Reims à la manifestation pour le mariage pour tous à Paris.

10 heures, départ de Reims. Aurélien est en grande forme, ça commence fort. «Bienvenue à bord du wedding gay! En cas d’urgence, pour les filles, vous avez sous votre siège des god ceintures…» Il est 10 heures et des brouettes. Le bus, réservé par l’association de gay et lesbiennes Ex Aequo, décolle de Reims. Direction Paris pour la grande manifestation pour le mariage pour tous qui débute à 14 heures.

Le bus est plein à craquer. 50 militants, de tout âge. Au premier rang, tout juste derrière le chauffeur, Bernadette, 69 ans, militante avertie. «J’ai ma carte au Parti communiste depuis quarante-six ans. Je suis homo aussi, mais ça, je ne l’ai pas choisi. Mon engagement politique, si. Aujourd’hui, je suis là autant comme homo que militante PC. Je suis en lutte pour l’égalité des droits. La déclaration des droits de l’Homme de 1789 pourrait être amendée en 2012.» L’ancienne instit, en couple depuis treize ans et demi, parle à la vitesse d’une mitraillette: «Me marier maintenant? Pourquoi pas, oui. Des enfants? Non, je n’en ai pas eu. Enfin, si on compte les 1180 que j’ai eu en classe, quand même, ça fait un petit nombre… »

«Je ne suis pas du genre à manifester»

Au milieu du bus, Anne, 59 ans et Corinne, 55 ans. Elles papotent, paraissent un peu en retrait. Corinne a deux enfants avec sa compagne, Baptiste, 7 ans et Gabriel, 2 ans. «Ce n’est pas moi qui les ai portés. Les deux fois, on a fait une procréation médicale assistée en Belgique avec donneur anonyme. C’est une décision difficile à prendre, mûrement réfléchie. Aujourd’hui, juridiquement pour eux, je ne suis rien. Ils m’appellent « Macoco », mais je n’ai pas d’existence légale. Je voudrais que la filiation soit établie, c’est pour cela que je suis là aujourd’hui. Je ne suis pas du genre à manifester ou me mettre en avant. J’ai dû me faire violence pour venir aujourd’hui. Ce n’est pas facile pour moi. Pas du tout même.» Elle n’a pas voulu que sa compagne et les enfants la suivent. «On ne sait jamais comment les choses peuvent tourner. Si ça dégénère, qu’il se passe quelque chose, il vaut mieux qu’il m’arrive quelque chose à moi qu’à elle. Pour les enfants, je ne suis rien», répète-t-elle. Elles vivent en couple depuis dix-sept ans, n’ont jamais eu envie de se marier «mais s’il faut en passer par là pour établir la filiation, on le fera évidemment.»

A côté, Anne a le visage fermé. Elle s’insurge contre «les conceptions moyenâgeuses des opposants à la réforme. Ils nous bassinent avec l’intérêt de l’enfant mais ils n’y pensent pas une seconde en réalité.» Elle n’a pas vu son enfant depuis trois ans. «On s’est disputées, ma compagne est partie. Je n’ai aucun droit, aucun recours pour revoir le petit. Je ne sais même pas où il vit. C’est très dur. J’ai coupé le cordon à la maternité, je l’ai élevé. Il a même été baptisé à l’église, cet enfant, et le prêtre savait notre situation.»

Dans la soute du bus sont rangées une soixantaine de pancartes concoctées la veille par les adhérents de l’association les plus motivés. «Admirez-les parce qu’avec la pluie annoncée, elles ne vont pas tenir longtemps… On aurait dû les plastifier», s’inquiète Laurence Weber, la présidente de l’association. Du fond du bus, elle prend le haut-parleur, met l’ambiance. «Allez, on a préparé une petite chanson. Entraînons-nous avant d’arriver à Paris.» Sur l’air d’une chanson d’Adamo : «Vous permettez François que les homos se marient… Nous promettons d’être sages… »

«Si t’aimes Dalida, tape dans tes mains»

Au fond du bus, l’ambiance est très «voyage de classe de troisième». Blagues potaches, rires gras, re-blagues, en passant par les indémodables revisités: «Si t’es fier d’être homo, tape dans tes mains» (avec ses variantes: «Si t’aimes Dalida tape dans tes mains», «Si tu veux pouvoir divorcer, tape dans tes mains»…)

Avec ses feuilles surlignées sur les genoux, Adeline, 20 ans, espérait pouvoir réviser un peu le temps du trajet. Loupé. Etudiante dans une école de commerce privée à Reims, elle est venue avec quatre camarades de l’association Egayons-nous. «On est à la veille de partiels de compta, donc pas très évident de mobiliser. D’autant que comme c’est une association de l’école, on n’a pas le droit de prendre des positions politiques.» Le débat sur le mariage pour tous, elle en parle pas mal en ce moment. «Les gens viennent en discuter parce qu’ils savent que je suis homo. Je n’ai pas de difficultés à en parler. Enfin, ici dans une grande ville comme Reims, ça va. Dans le village d’Aveyron d’où je viens, c’est plus dur. Mais je suis à chaque fois étonnée quand je croise des jeunes de mon âge qui sont contre cette réforme.» Comme dit Bernadette, du premier rang: «Les lois sont souvent en avance sur les mentalités. Elles participent à faire bouger les choses.»

15h30, place de la Bastille, à Paris. Les jambes commencent à être un peu lourdes. Le cortège de la grande manifestation en faveur du mariage pour tous n’a toujours pas démarré. Yoann, boa blanc autour du cou, poireaute depuis deux bonnes heures. «Remarque, c’est peut-être bon signe. On est tellement nombreux que ça n’avance pas…» Il est arrivé en bus vers midi avec une cinquantaine de membres de l’association de gay et lesbiennes Ex Aequo, basée à Reims. «Evidemment, c’est aberrant de devoir manifester pour défendre une telle cause. On enlève pas des acquis aux hétéros ou à quiconque. On demande juste l’égalité des droits.»

Salomé, elle, n’est qu’à moitié surprise. Elle s’attendait à devoir se battre. «Franchement, en France, pour les droits des homos, on est encore à l’âge de pierre, on est tellement en retard. Les mentalités ont du mal à évoluer quand même.» Lucile pense surtout qu’on pose la question à l’envers. «On n’est pas là à demander une loi en prévision de ce qui va se passer. Le constat est déjà là : les familles homoparentales existent déjà. C’est une réalité, le droit doit en tenir compte.»

Parmi les pancartes confectionnées hier dans les locaux de l’association reimoise: «Le divorce pour tous», «un enfant a besoin d’un pingouin et d’une pingouine», «Allez, François, ça fait pas mal». Parée pour l’averse avec son coupe-vent vert pétard repérable de loin, Laurence Weber, la présidente de l’association, s’énerve: «Le portable ne passe pas, on se croirait à la Gay Pride.»

Homophobie latente

Dans le cortège, entre deux blagues, tous parlent de cette homophobie latente, plus ou moins voilée, que l’on croyait enterrée et qui rejaillit avec ce débat sur le mariage pour tous. «A l’association, beaucoup s’en plaignent, raconte Florence. Ils s’engueulent avec leur famille, au boulot… En fait, tant qu’on reste l’homo du bout du couloir, sympa et qui fait pas d’histoire, ça va. Mais à partir du moment où on revendique des droits, là, ça devient différent.» Florence est prof de sport à la fac. «C’est un milieu plutôt ouvert mais ça n’empêche pas. Le mariage pour les homos, ça va encore mais dès qu’on parle d’enfants, de l’adoption, là, ça se ferme.» Elle est mère de deux enfants devenus grands. «J’ai été mariée à un homme pendant vingt-trois ans. Franchement, je ne pense pas que les choses soient plus difficiles pour les enfants d’homo. Bien sûr, ce n’est pas forcément évident à l’école, mais comme cela l’a été pour les enfants de divorcés il y a 20 ans. Il faut se battre.»

Aurélien, le boute-en-train du bus ce matin, fait partie du personnel administratif de la fac de droit de Reims. «L’autre soir, il y avait un pot au bureau. Manque de bol, j’ai fini la bouteille de champ, un collègue m’a dit : «Aurélien, un mariage dans l’année». Un autre a ajouté : «Oui, enfin, pour se marier il faut s’aimer». Sous-entendu : les homos ne savent pas aimer… » Il raconte encore cette  «homophobie passive qui ressort» sur le mode «Vaut mieux que tu restes discret, fais pas d’histoire, va.» Lui ne veut «pas forcément se marier, ni forcément adopter d’ailleurs. Mais cette loi pourrait faire évoluer les mentalités et changer les automatismes de penser. Pour que dans vingt ans, un jeune ne soit pas en souffrance parce qu’il est gay. Cela fera baisser le taux de suicide chez les jeunes, c’est certain.»

Dans la foule, Abdallah, 27 ans, silencieuse, écarquille les yeux. C’est sa première manifestation. Mauritanienne, elle a fui son pays il y a dix mois. «Quand mes parents se sont rendu compte que j’étais lesbienne, ils m’ont mariée de force à un homme de 30 ans de plus que moi. J’ai tenu sept ans. Puis je me suis enfuie. Je n’avais pas d’autre choix. Dans mon pays, l’homosexualité est considérée comme un crime.» Elle est arrivée en bateau à Marseille le 2 mars, et tente depuis de se reconstruire à Reims.«Etre là aujourd’hui, vous n’imaginez pas. Je suis très émue de voir une telle solidarité. Et puis, aussi, de voir des gens comme moi.»

18 heures, fin de la manif. Ils sont fiers. Les militants rémois regagnent leur bus, les joues rougies par le froid mais avec de larges sourires. «On est super contents. C’était une très belle manif, bien militante. Beaucoup plus qu’à la Gay Pride, se félicite Laurence Weber, la présidente de l’association. Il n’y a pas du tout eu de débordement, ni rien. Et puis, on est bien resté groupés, tous ensemble.» Elle parle un peu vite: au moment de fermer les portes du bus, manque à l’appel les deux militantes communistes du premier rang, Bernadette et sa compagne. Une délégation  part à leur recherche. Quant à Corinne, qui s’est «fait violence pour venir aujourd’hui», elle attend impatiemment les chiffres de la mobilisation. Selon la police, ils étaient 60 000, 150 000 selon les organisateurs.

 

Poster un commentaire

Classé dans Actions, Actions passées, Actualités