Archives mensuelles : mars 2014

Le genre non-binaire, au-delà de l’« homme » et de la « femme »

Article de Madmoizelle.com écrit par Lady Dylan le 31 mars 2014:

http://www.madmoizelle.com/genre-non-binaire-243141

« Ce lundi 31 mars, c’est la journée de la visibilité trans. L’occasion d’en apprendre plus sur des genres méconnus, ceux qui échappent à la binarité homme/femme.

Certains prénoms ont été changés.

Quand on pense genre, on pense homme ou femme. C’est ce qu’on doit cocher sur la plupart des formulaires administratifs et à l’inscription sur beaucoup de sites. Sur Facebook, c’était comme ça jusqu’au 13 février dernier ; mais depuis cette date, les usagers américains peuvent choisir parmi une cinquantaine d’options (voir encadré en fin de page).

Pour beaucoup, c’est une découverte : on peut se définir en dehors de la binarité. Le genre n’est pas forcément une alternative entre deux propositions, homme et femme : beaucoup d’autres identités existent !

Difficile d’échapper à la binarité du genre lorsqu’elle est reflétée jusque dans le langage. Si la plupart des personnes interrogées utilisent le « them » singulier en anglais – le pronom neutre le plus courant, disponible depuis février pour les utilisateurs américains de Facebook – la langue française n’offre pas les mêmes facilités. Certaines personnes non-binaires utilisent « ille », « iel/yel », ou « ol » mais le problème reste intact puisque tous les adjectifs doivent être genrés.En outre, ces options ne satisfont pas tout le monde. « Je n’aime pas ces pronoms car ce sont des mélanges entre il et elle », proteste Morgan : « moi je suis pas « un peu des deux », je suis en dehors de ce binaire-là ». Ils présentent aussi le défaut d’être peu compréhensibles à l’oral : « en général on pense que j’ai un défaut de prononciation », explique Lux, qui alterne les pronoms pour parler d’ellui-même et invente même des accords étranges comme « théâtreuxe » (une personne qui fait du théâtre).

Alterner est une stratégie assez courante chez les personnes non-binaires. D’autres se tiennent à un pronom. Parfois, par commodité, c’est celui qui leur a été assigné à la naissance, comme pour Laure ; toutefois si à l’écrit elle s’accorde au féminin il existe un neutre dans sa langue maternelle, la langue des signes.

Au contraire, certaines personnes préfèrent le pronom inverse de celui qui leur a été donné : « Dans un monde idéal où on m’aurait pas assigné de genre à la naissance, j’utiliserais n’importe quel pronom indifféremment », explique Morgan, « c’est d’ailleurs ce que je faisais à une époque. Mais au vu de mon vécu de personne assignée meuf, quand on m’assigne le genre féminin ça fait écho à tout un tas de violences. Au contraire, je n’ai pas été assigné mec de façon coercitive, c’est pour ça que j’utilise « il ». »

Un ressenti difficile à décrire

À quoi tient notre genre ? La question n’est pas évidente. Il existe des femmes aux cheveux courts, des femmes qui ne portent pas de jupe, détestent le rose, ne sont pas douces ou n’aiment pas le shopping. Pour combattre ces stéréotypes, certaines disent parfois « je suis une femme parce que j’ai un vagin/un utérus/deux chromosomes X, c’est tout ». Mais cette définition est elle aussi excluante puisqu’il existe des femmes avec un chromosome Y, des femmes sans utérus, des femmes avec un pénis.

Finalement, difficile de savoir vraiment pourquoi on est une femme ou un homme. Expliquer ce que recouvre un genre non-binaire n’est pas plus évident :

« On vit dans une société tellement cissexiste que notre langage ne fournit pas les outils nécessaires pour décrire les expériences des personnes trans », explique Morgan. « Si j’essaie, ça se traduit en termes de sentiment d’imposture quand je me présentais au féminin, sentiment de travestissement quand je m’habillais « en meuf ». »

  • Cissexisme : le système qui considère les personnes cisgenres comme supérieures aux personnes trans, ces dernières étant vues comme anormales.
  • Cisgenre : une personne dont le genre et le sexe qui lui a été attribué à la naissance coïncident.

Le genre non binaire, au delà de l« homme » et de la « femme » Crona GorgonDans l’anime Soul Eater, le personnage de Crona Gorgon n’est désigné qu’au genre neutre en japonais.

Pour lui, être non-binaire c’est surtout ne pas être une fille (le genre qu’on lui a assigné à la naissance), mais ne pas vraiment se sentir garçon non plus.

« Je n’arrivais pas à socialiser tant que ça ne pouvait se faire qu’en tant que fille. Au-delà de « je voulais jouer avec les garçons », il y a tout un tas de codes sociaux, de règles de la communication entre meufs que j’étais incapable d’assimiler », explique-t-il.

« Tu attends d’une femme une façon d’interagir différente de celle d’un homme, différentes façons d’utiliser le langage non-verbal, différents référentiels de ce qui se fait ou ne se fait pas. Par exemple, j’étais trop direct pour socialiser en tant que fille. On attendait de moi que je prenne des pincettes, que je ne dise pas les choses trop franchement et j’en étais incapable. »

Cé décrit une expérience assez proche : assigné garçon, ille a toujours eu l’impression de « faire partie du groupe des filles », sans en être vraiment une. Aujourd’hui ille se décrit en français comme « non-binaire » :

« Je cite notamment Kate Bornstein quand elle dit qu’elle « ne se sent pas femme et qu’elle sait qu’elle n’est pas un homme ». C’est un peu la façon dont je me sens et cette phrase le résume très bien. Il y a aussi le rapport aux rôles sociaux, en disant que je ne me vois pas du tout en « homme qui fait carrière » ni en « père de famille ». »

En plus de ne pas être binaire, l’identité de genre peut varier. Lux se définit ainsi comme « fluide » :

« Non seulement je me sens en dehors d’une binarité genrée, mais en plus mon identité va évoluer sur différentes parties de ce spectre, même si mon expression extérieure est surtout hardfem — c’est-à-dire des codes féminins traditionnels mais dans un registre « agressif », par exemple des robes toutes mignonnes portées avec des rangers et le crâne rasé. »

Comme ellui, de nombreuses personnes non-binaires se sentent plus masculines ou plus féminines selon les jours. « J’en ai marre que les gens me voient comme une femme alors que je ne me sens féminine qu’environ deux jours par mois ! », se plaint ainsi un-e membre de Tumblr.

Le genre non binaire, au delà de l« homme » et de la « femme » Hanji ZoeHanji Zoe, de l’anime L’Attaque des Titans, est également désigné au genre neutre

Laure, quant à elle, se considère « de genre neutre » car elle est « à la fois une femme et un homme » au niveau biologique. Si elle a été prise pour une fille à la naissance et a commencé à développer des seins à la puberté, elle a aussi eu de la barbe et la voix qui muait − sans compter des règles qui ne venaient pas, faute d’utérus.

Elle a d’abord pris un traitement hormonal car assumer un genre non-binaire était difficile à l’adolescence, mais l’a depuis arrêté : « Je ne me reconnaissais ni dans le genre féminin ni dans le genre masculin », explique-t-elle. « Je ne voyais donc plus l’intérêt de prendre un traitement pour maintenir un sexe hormonal conforme à mon sexe identitaire ».

À lire aussi : Je suis une fille aux chromosomes XY, le témoignage d’une madmoiZelle intersexuée

« Je parlerais des identités non-binaires au pluriel » commente Karine Espineira*, co-fondatrice de l’Observatoire des Transidentités. « Si le référent est le binarisme homme-femme, il est débordé par des identités trans, elles-mêmes plurielles. Les autodénominations transgenres, transsexes/transsexuelles (regroupées sous le terme parapluie transidentité) sont aussi débordées par des identités dites « autres » ou « alternatives ». »

Et en pratique ?

La non-binarité n’est pas forcément évidente à expliquer à l’entourage, surtout s’il n’est pas sensibilisé. La plupart du temps les proches sont au courant, ainsi que les amis les plus ouverts — souvent issus de milieux militants et/ou rencontrés sur Internet.

Dans l’entourage de Lux, « ça va des gens pas vraiment proches mais qui ont compris l’idée après m’avoir entendu répéter − en riant ou non − que de toute façon je ne suis pas une fille/un garçon à ceux qui, sans même que je leur en parle, pensent que j’ai un problème dans ma tête avec ma « féminité » − dont mes parents − et que « tout ça » − y compris mon féminisme et mon militantisme LGBTQIA** − n’est qu’une lubie passagère »…

Pour sa part, Laure ne se reconnaît pas dans le genre féminin mais continue à se présenter ainsi par commodité, surtout dans le monde professionnel. Avec ses amis proches, elle est plus ambiguë, mais ne fait jamais clairement mention d’un choix de genre.

« J’aime bien être féminine, je trouve ça joli » raconte-t-elle. « Pour autant c’est un choix esthétique plus qu’identitaire. Je ne suis pas de genre féminin. Il m’arrive de m’habiller en homme. Pour moi ce n’est pas un travestissement. Je suis « entre les deux » mais légèrement plus de genre féminin. »

Je suis neutre du point de vue du genre. Je n’existe que par la description que les gens veulent bien faire de moi. S’ils me décrivent majoritairement comme une femme, ça me convient. Si demain ils me décrivent majoritairement comme un homme ça me convient aussi » explique-t-elle encore.

« J’ai conscience que pour qu’un basculement s’opère il faudra que je le décide. Mais si je débarquais dans une nouvelle ville en m’appelant Laurent et en m’habillant autrement, je suis pas sûre que ça choquerait grand-monde. »

Le genre non binaire, au delà de l« homme » et de la « femme » Kaworu NagisaKaworu Nagisa, dans Neon Genesis Evangelion, est souvent perçu comme masculin mais ne dévoile jamais son genre

Pour Morgan, cela fait maintenant trois ans qu’il est « sorti du placard » , et a arrêté de se présenter comme une fille. Aujourd’hui, avec son visage fin, ses cheveux courts et ses gilets d’homme un peu rétro on lui donne parfois du « monsieur », parfois du « mademoiselle ».

« J’ai la prétention de n’être pas genrable » explique-t-il. « Quel que soit le genre que m’attribuent les gens, ils se trompent. Ce n’est pas toujours évident. Par exemple si tu es dans le placard, qu’on t’a toujours assigné fille, c’est difficile d’avoir réellement le sentiment qu’ils se trompent. Ils se sentent dans leur bon droit, tu te sens faible et « découvert ». Maintenant, je sais qu’ils n’ont pas confiance dans leur façon de me genrer, que quoi que je leur dise ils vont rectifier, que c’est moi qui suis en contrôle de mon genre. »

Aujourd’hui, dans sa vie quotidienne, et notamment à son travail, il se sent mieux : ni lui ni son entourage n’attendent de lui qu’il joue le rôle d’une femme. Toutefois il ressent toujours un malaise lorsqu’on le prend pour une fille et qu’on attend de lui qu’il joue ce rôle − chez le coiffeur par exemple.

La binarité, pas si évidente

Certaines personnes remettent en cause la binarité du genre en elle-même :

« Honnêtement je ne sais pas vraiment pas du tout ce que sont un « homme » ou une « femme » à part des constructions sociales », explique Elliott. « Que ça soit génétiquement − les intersexes − ou pas, la notion de binarité n’existe vraiment pas à mon sens. Enfin c’est comme « t’es noir ou blanc » en oubliant que même si t’es blanc, que tu sois Finlandais ou Espagnol, t’auras sûrement pas la même carnation.

Du coup je ne suis pas binaire parce que je ne suis ni un homme, ni une femme, parce que les hommes et les femmes sont des notions qui n’existent pas dans ma conception du monde. Ce sont des trucs très abstraits. Il existe des êtres, pas des genres et/ou des sexes. »

Lui-même, assigné fille à la naissance, a changé de prénom et de pronoms pour correspondre à sa représentation de lui-même, qui correspond à une présentation sociale masculine.

Kevin, lui, a toujours eu du mal à comprendre la « différence des sexes » :

« Pour moi, homme ou femme, ça n’a jamais eu vraiment d’importance », explique-t-il. « Quand j’étais gosse, je ne savais pas que ça existait. Au collège, on m’a vaguement dit que les filles avait un zizi différent du mien, mais comme je n’en côtoyais pas, je m’en foutais. »

Élevé par des parents très traditionalistes, où les rôles de genre étaient très forts − papa travaille, maman cuisine − il avait paradoxalement du mal à saisir les différences hommes/femmes :

« On m’avait dit que c’était normal, que c’était ça la famille, mais chez les autres personnes c’était autre chose. On me disait qu’il y avait une différence, mais je ne la voyais pas. »

Le genre non binaire, au delà de l« homme » et de la « femme » Haruhi FujiokaDans Host Club : Le lycée de la séduction, le personnage Haruhi Fujioka est d’abord présenté comme un garçon mais est « biologiquement une fille ». Il est souvent perçu comme non-binaire car selon lui le genre ne devrait pas compter.

Après une relation amoureuse avec une personne androgyne et la lecture de beaucoup d’articles sur internet, Kevin est un peu plus au clair sur son identité de genre :

« À présent je pense − je ne suis pas encore sûr − que je suis peut-être androgyne par mon apparence et ma personnalité, mais qu’au final je suis humain. »

Cette vision des choses est sans doute plus répandue qu’il n’y paraît, puisque sans aller jusqu’à se définir comme « non-binaires » beaucoup de personnes avouent ne pas se sentir entièrement homme ou femme.

Dans la conclusion d’une lettre à ses frères et sœurs, où il leur conseille d’être eux-même, Cé cite ainsi Kate Bornstein : « Personnellement, je pense qu’aucune question contenant « soit/soit » ne mérite de réponse sérieuse, et cela inclut la question du genre »

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*Karine Espineira est chercheuse en sciences de l’information et de la communication. Elle a notamment collaboré à La transyclopédie, tout savoir sur les transidentités.

**LGBTQIA : Lesbienne Gay Bi Trans Queer/Questioning Intersexe Agenre/Asexuel.

Depuis le 13 février, les utilisateurs américains de Facebook peuvent choisir parmi plus de 50 nouvelles options de genre, de « Agender » (agenre) à « Trans Woman » (femme trans) en passant par « Gender Variant » (dont le genre varie).« La situation où on ne pouvait choisir que H ou F et où on était obligé de choisir était carrément inacceptable » juge Morgan, regrettant toutefois que l’option n’existe pas en français – on ne peut ni la sélectionner un genre non-binaire ni voir celui des autres.

Il salue aussi la présence d’une femme transgenre parmi les développeurs de cette option, Brielle Harrison. « Il va y avoir beaucoup de gens pour qui cette évolution ne signifiera rien », déclarait cette dernière au Guardian le 14 février dernier, « mais pour les quelques personnes que cela impacte, ça change tout. » »

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Le genre, c’est de la science

Article dans le Journal du CNRS de la philosophe Sandra Laugier publié le 7 mars 2014:

https://lejournal.cnrs.fr/billets/le-genre-cest-de-la-science

« La philosophe Sandra Laugier fait le point sur les travaux scientifiques menés sur le genre au CNRS et sur leurs enjeux.

Oui, le CNRS soutient la recherche sur le genre : depuis longtemps à travers la Mission pour la place des femmes et des programmes dans ses laboratoires, plus récemment avec l’ouverture de postes de chercheur(e)s affichés « genre », avec la création du Groupement d’intérêt scientifique Institut du genre et le lancement par la Mission interdisciplinarité du Défi Genre. Ailleurs, le domaine du genre est affiché dans de nombreux ­programmes de ­recherche internationaux, dans le programme européen Horizon 2020, et dans celui de la National Science Foundation (NSF) aux USA.

Comment est-ce possible ? Le genre serait, à entendre diverses critiques, une « théorie », qui nie la différence des sexes et tente de s’imposer dans les programmes scolaires avec un agenda idéologique sulfureux. Or s’il n’existe pas UNE « théorie du genre », de nombreux travaux scientifiques, en théorisant le genre, s’attachent à montrer le caractère social des représentations du masculin et du féminin et les rapports de pouvoir qui produisent les inégalités entre les sexes.

Une mise en cause du savoir

Alors pourquoi cette campagne ­dénonçant la « théorie du genre », qui a même conduit le gouvernement à reculer sur des projets de réforme urgents ? Remarquons que qualifier un savoir de « théorie », avec une tonalité dévalorisante (alors que toute science propose des théories !) est une stratégie éprouvée de l’obscurantisme militant. Les créationnistes aux États-Unis qualifient la science de l’évolution de « théorie » pour tenter d’empêcher ce savoir impie de se répandre dans les écoles. Un épisode souvent cité par les épistémologues est celui du jugement de la Cour fédérale, en 2002, condamnant un lycée d’Atlanta dont la direction avait, sous la pression de certains parents, fait apposer sur les manuels de biologie des élèves un ­sticker : « L’évolution est une théorie, pas une certitude » – « une théorie de l’origine des êtres vivants qui doit être approchée avec prudence et esprit critique. »

Les études ont pointé l’erreur à ne pas tenir compte de la ­variable “genre” dans les recherches.

Jeter le doute sur des connaissances ­acquises : c’est la méthode de ceux qui qualifient de pure « théorie » ce qui relève des faits et veulent nier l’évidence. Que nous apprend la science de l’évolution, sinon que l’humain fait partie des animaux et n’a pas de privilège au sein de la nature, sinon la place qu’il s’est faite ? Que nous apprend la science du genre, sinon que la différence des sexes, une différence parmi tant d’autres, ne devrait pas faire de différence dans le destin social des individus, et que pourtant elle entraîne partout des inégalités ?

On voit où se situe l’enjeu, qui est double, des attaques contre les études sur le genre. En premier lieu, il est d’ordre scientifique. L’objectif du réactionnaire antigenre est de faire croire que les études sur le genre ne sont pas de la science mais « une théorie ». Or la prise en compte du genre est avant tout une ­affaire scientifique, articulant « DES théories » et des faits (c’est ainsi que fonctionne la science, par des ensembles explicatifs fondés dans la preuve). D’abord développées par les sciences humaines et socia­les, les études ont pointé l’erreur à ne pas tenir compte de la ­variable « genre » dans les recherches. Elles ont montré, par exemple, que le travail ne se réduit pas à sa dimension profes­sionnelle ou productive, mais inclut le travail domestique, que les « droits de l’homme » n’incluent pas les femmes, etc. La ­méthode vaut pour les autres sciences : sous-­évaluation et traitements inadaptés des maladies cardiaques chez les femmes ou, à l’inverse, de l’ostéoporose chez les hommes. Les études sur le genre ont ainsi mis en évidence la prédominance du point de vue androcentré, qui, en s’ignorant comme tel, généralise à partir du cas particulier masculin.

Une question très politique

En second lieu, les recherches sur le genre, d’abord scientifiques, posent des questions politiques : elles font voir une réalité désagréable, celles d’inégalités injustifiables dans un ensemble de ­citoyens en principe égaux. C’est la cause profonde des attaques actuelles contre le genre. Ces recherches, et les faits qu’elles établissent, questionnent l’organisation traditionnelle de la famille, la domination masculine et l’hétéronormativité, les inégalités liées au sexe qui traversent notre société.

Le CNRS est l’acteur de la recherche et de l’enseignement supérieur le plus ­anciennement et fortement engagé en faveur des recherches sur le genre. Il les soutient en prenant en compte les enjeux de la recherche et de l’égalité comme inséparables. Les questions scientifiques sont des questions sociales. Développer la recherche sur le genre, c’est lutter pour la reconnaissance des inégalités et contre leurs causes, et aussi contre des préjugés qui attaquent la science elle-même. C’est l’engagement du CNRS, et le thème de la journée du 10 mars 2014 qui, sous la bannière des Nouvelles sciences du genre, réunira au CNRS des chercheur(e)s de toutes disciplines. »

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Genre : par quel pronom souhaitez-vous être appelé ?

Article du blog d’Ovidie:

http://www.metronews.fr/blog/ovidie/2014/03/26/genre-par-quel-pronom-souhaitez-vous-etre-appele/

Par ovidie le 26 mars 2014

« Alors que je remplissais un formulaire d’inscription pour une conférence au Canada, j’ai été surprise que l’on me demande de choisir le pronom que je souhaitais que l’on utilise pour s’adresser à moi. J’ai découvert que des expérimentations d’introduction de pronoms neutres étaient en développement, y compris en français. Et vous, par quel pronom souhaitez-vous être appelé ?

Lorsque il a fallu préciser mon titre de civilité, voilà ce qui m’a été proposé  :

she /her

he / his

ze / hir

they / them

Je n’avais jamais entendu parlé des pronoms ze / hir, et étais bien loin d’imaginer qu’une réflexion linguistique était aussi avancée Outre-Atlantique. Ze / hir sont des pronoms utilisés pour désigner les personnes transgenres qui ne souhaitent se définir ni comme femme ni comme homme, et qui ne souhaitent être appelé ni « Il » ni « Elle ».

J’ai découvert que plusieurs néologismes tels que «Verself », « Eirself », ou encore « Xemself », avaient été introduits dans la langue anglaise.

En Suède, où il existe plus d’une centaine de prénoms unisexes, le pronom neutre « Hen » est de plus en plus utilisé pour désexuer les individus, en particulier les enfants, au lieu de « Han » (il) et « hon » (elle).

En France, alors que le genre «indéterminé » n’est toujours pas reconnu d’un point de vue administratif, une réflexion est amorcée pour proposer un pronom neutre tel que iel, yel, ille, yol, ou ol, ce qui rencontrera un certain nombre de difficultés grammaticales, telle que la question de l’accord du participe passé qui ne se pose pas dans les langues germaniques. « 

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La Journée internationale de la visibilité trans’ aura lieu le 31 mars

Article de Yagg:

http://yagg.com/2014/03/28/pour-les-trans-cest-maintenant-la-journee-internationale-de-la-visibilite-trans-aura-lieu-le-31-mars/

 » Lundi 31 mars, des événements sont organisés un peu partout dans le monde et en France pour célébrer cette journée lancée en 2009 aux États-Unis.

Pour palier le manque de visibilité des personnes trans’ et sensibiliser le public aux trop nombreuses discriminations auxquelles elles font face, la militante de l’État du Michigan Rachel Crandall a eu l’idée de lancer en 2009 la journée internationale de la visibilité trans’ (TDOV) aux États-Unis. Depuis, chaque 31 mars est l’occasion de célébrer par des événements divers et variés (marches, conférences, expositions, rencontres ou actions militantes) la diversité trans’, mais aussi d’exposer au grand jour les revendications en termes de droits un peu partout dans le monde, et notamment aux États-Unis, au Canada, en France, en Angleterre ou en Irlande.

À cette fin, l’association Acceptess-T a tourné une vidéo d’annonce qui appuie sur l’importance d’une telle journée et de la visibilité afin d’être entendu.e.s par les pouvoirs publics qui font la sourde-oreille que ce soit sur la question du changement d’état civil libre et gratuit ou de la prévention du VIH. Marie-Pierre Pruvot a.k.a Bambi fait partie de celles et ceux qui présentent les revendications, dans le clip réalisé par les militantes Karine Pelgrims et Christine Rougemont:

https://www.youtube.com/watch?v=xxIqDN8sTlw

À Bordeaux, une soirée est par exemple organisée au Girofard samedi 29 mars par l’association Trans 3.0 avec des rencontres, témoignages et débats dans le cadre de cette journée internationale, qui peut être célébrée un tout autre jour autour du 31 mars. Pour plus d’informations sur les événements dans votre ville, vous pouvez vous inscrire sur l’événement Facebook créé par l’association SOS Transphobie. « 

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« 59% de femmes homosexuelles se disent victime de lesbophobie »

Article de Libération du 8 Mars 2014:

http://www.liberation.fr/societe/2014/03/08/59-de-femmes-homosexuelles-se-disent-victime-de-lesbophobie_985376

« L’association SOS homophobie publie ce samedi les premiers résultats de son enquête «Lesbiennes à vous la paroles».

Il y a les insultes dans la rue. Les préjugés du style «les lesbiennes sont des camionneuses» ou «entre femmes, ce n’est pas vraiment du sexe». Les moqueries au travail. Les familles qui les rejettent à cause de leur orientation sexuelle. Autant de comportements hostiles, autant de violences, parfois physiques, qui touchent spécifiquement les lesbiennes. Mais qui sont trop souvent passé sous silence.

SOS homophobie publie aujourd’hui les premiers résultats de son enquête «Lesbiennes à vous la parole». Lancée en mars 2013, l’objectif de cette étude est de «déterminer la part d’entre elles qui se déclarent victimes de lesbophobie». «Les lesbiennes ne représentent que 16% des appels sur notre ligne d’écoute, expose Tania Lejbowicz, co-référente de la commission Lesbophobie. Beaucoup de lesbiennes ignorent le terme de lesbophobie, que ces stigmatisations sociales les visent en tant que femmes homosexuelles. Nous avons souhaité chercher leur témoignage pour identifier un phénomène dont elles parlent peu.»

Des statistiques rares

Est-ce la libération de la parole homophobe pendant les manifestations contre le mariage pour tous? Les débats sur la PMA? L’envie, et le besoin, d’être enfin plus visibles? Si l’association avait déjà mené une enquête sur ce phénomène en 2008, cette nouvelle édition présente un nombre de participantes important. Elles ont été plus de 7000, majoritairement âgées de moins de trente ans, à répondre au questionnaire diffusé sur Internet et sur les médias LGBT, à aller à la rencontre de l’association lors d’événements. Des statistiques précieuses en raison de leur rareté.

Premier bilan? Sur les 7126 répondantes, 59% ont vécu de la lesbophobie au cours des deux dernières années. Insultes, moqueries, rejet… Le théâtre de ces actes est majoritairement l’espace public (47%), la famille (14%), et le travail (8%). Pour 68% des répondantes, ces épisodes ont eu des conséquences d’ordre psychologiques ou physiques : angoisses, repli sur elle, épisodes dépressifs, difficulté, du coup à vivre ouvertement son homosexualité.

Peur des réactions hostiles

Autre volet de l’enquête, la visibilité moindre des lesbiennes dans l’espace public. Communauté moins développée que celle des homosexuels, isolement plus fréquent des femmes… «Nous pensons que l’invisibilité les empêche de témoigner», souligne Tania Lejbowicz. Résultat? Si 65% des répondantes s’affirment lesbiennes auprès de leurs amis, elles ne sont plus que 33% à le faire au sein de leur famille et 38% n’en parlent qu’à «quelques-uns de leurs collègues» de travail. Elles sont 75% à ne pas adhérer à une association LGBT. Plus désespérant: par peur des «réactions hostiles», elles sont 18% à ne jamais manifester d’affection à leur partenaire en public.

Les résultats complets de l’enquête seront publiés le 25 novembre prochain. «Faire connaître les violences auxquelles les lesbiennes peuvent être confrontées permet une meilleure appréhension de la lesbophobie, dit Tania Lejbowicz. Dans l’idéal, nous souhaiterions renouveler l’enquête d’ici cinq à dix ans.» »

Anne-Claire GENTHIALON

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Web documentaire « Un combat pour tous »

Super travail du journaliste Guillaume Lecaplain qui à travers plusieurs interviews revient sur l’année du débat du mariage pour tous, sur la manière dont ce débat a été vécu par les homos. A regarder et à diffuser sans modération!

http://www.uncombatpourtous.com/

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Témoignage PMA par un couple de femmes

Voici un  extrait d’un autre témoignage de PMA par un couple de femmes:

« Nous avons procédé à 9 IAD et 1 FIV qui ont toutes échoué. Ces échecs sont très difficiles à vivre normalement mais sont accentués par toutes les difficultés que nous rencontrons parallèlement dues à notre statut d’homosexuelles. Néanmoins, malgré les kilomètres à parcourir, malgré les examens à faire en dernière minute et la course aux ordonnances qui s’en suivent, malgré l’épuisement physique dû au traitement, malgré l’épuisement psychologique à devoir faire face à tous ces obstacles dont nous pourrions être soulagées si notre pays nous reconnaissait, malgré les mensonges que nous devons dire à nos employeurs pour justifier nos absences de dernière minute car nous ne pouvons pas leur dire la vérité sans prendre le risque de nous dévoiler et de nuire à notre carrière professionnelle, malgré les frais engagés non remboursés qui entament durement nos économies, malgré tout cela, nous sommes en route pour notre seconde FIV. »

Vous pouvez lire l’intégralité du témoignage ici:

http://lesenfantsarcenciel.wordpress.com/2013/01/14/temoignage-de-sandrine-9/

Je vous invite vivement à diffuser le plus largement possible les différents témoignages du site des Enfants d’Arc En Ciel sur vos réseaux sociaux.

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