Discours des DurEs à Queer le 19 janvier à Nantes

Excellent discours des DurEs à Queer prononcé le 19 janvier 2013 à Nantes avant la manifestation en faveur de l’égalité des droits (mariage + adoption + PMA + filiation…):

http://www.facebook.com/groups/162230163845329/permalink/445742262160783/

Ami-e-s gouines, trans’, pédés, hétéros solidaires, anti racistes, anti sexistes, anti fascistes, féministes, aujourd’hui prend place une journée de riposte et de revendications fortes face à l’homophobe pride qui a sali les rues de la capitale dimanche dernier et piétiné impunément les pelouses du Champ-de-Mars. A Nantes aussi, à la veille de cette vague réactionnaire, vous avez pu prendre un plaisir libérateur à arracher ces silhouettes blanches sur fond rose qui constituent le symbole de l’homophobie décomplexée pour toutes et tous. Ces silhouettes présentent un papa, une maman et deux enfants, le tout main dans la main, mais présentent surtout une lubie, un mensonge. Ceci n’est pas la réalité de nos vies, de nos familles ! Entre l’augmentation du nombre de célibataires, des couples sans enfants, des familles homoparentales, des familles monoparentales, des familles recomposées, ces silhouettes n’incarnent pas autre chose que la défense d’une hétérosexualité obligatoire, d’un modèle unique de famille. Mais qu’ils mettent un pied dans le monde : les filiations, les parentalités, les familles fleurent bon la diversité !
On ne cessera de répéter que l’homophobie, ce n’est pas que « casser du pédé ou de la gouine », c’est aussi affirmer qu’il existe une hiérarchie entre les sexualités dans laquelle l’hétérosexualité se voit couronnée au nom d’analyses symboliques et biologiques fumeuses qui nous maintiennent dans une infériorité juridique et une stigmatisation quotidienne.
Continuons d’examiner ces silhouettes de papier… Papa est évidemment plus grand que maman. Et comment pourrait-il en être autrement quand nos opposants prônent la « différence des sexes » au nom d’une sacro-sainte « complémentarité » entre ceux-ci ? Ces éloges de la « complémentarité », de la « parité dans le couple », de « l’altérité » qu’ils et elles saluent ne génèrent en rien l’égalité mais empêchent bien que l’on puisse penser les femmes autrement que comme des entités dépendantes des figures masculines. Maman n’existe pas sans papa, et maman ne dispose pas librement de son corps, elle est assignée à son rôle procréateur, à sa « nature ». « La nature est bien faite », pour la domination masculine, car ce sont bien les mêmes misogynes beaufs et aristos qui hier, et aujourd’hui encore, se sont opposés à l’IVG, n’en déplaise à Simone. Cette domination doit s’effriter dans la pluralité de nos familles, de nos filiations et de nos méthodes de reproduction !
Les députés de gauche ne doivent pas oublier les promesses électorales faites sur la PMA, car non il n’y a pas d’égalité des droits sans l’accès à la PMA ! Oui nous nous battons pour l’accès à la Procréation Médicalement Assistée pour toutes : lesbiennes, hétérosexuelles et autre, en couple ou célibataire ou autre, stériles ou non. Il y va de la responsabilité de tous les députés de gauches, qui sont majoritaires à tous les niveaux ! Il n’y a pas d’excuse pour maintenir cette inégalité, nous exigeons la PMA maintenant ! Des amendements ont déjà été déposés notamment par Europe Ecologie Les Verts. Il est temps de mettre fin au parcours de la combattante dangereux et coûteux pour toutes ces femmes qui aspirent à avoir et à aimer des enfants !
Les enfants, parlons-en nous aussi… Pour nos opposants, au même titre qu’ils et elles parlent de « la femme » ou de « l’homme », « l’enfant » est une donnée stable, univoque et surtout maîtrisée. Regardez comme ils sont mignons, le petit à qui l’on fait tenir la main de papa, et la petite à qui l’on fait tenir la main de maman et porter la jupe distinctive. Leur sexualité et leur genre ne doivent faire aucun doute, leur hétérosexualité et leur genre sont d’ores et déjà présupposés et arrêtés. Ils sont dessinés comme les exactes miniatures des figures adultes qui les encadrent. Ainsi, leur subjectivité et leur résistance à ceux qui ne leur laissent aucun pouvoir, aucune parole, ne s’éprouvent pas dans cette représentation qui semble oublier jusqu’à leur liberté et leurs histoires. Bref, « l’enfant » de nos opposants n’existe pas mais a bel et bien été construit pour l’occasion, sa silhouette a bel et bien été découpée selon un patron normatif et étouffant qui implique aussi que des milliers de gays, de lesbiennes et de trans’, entre autres des jeunes, se retrouvent en situation de rupture sociale et dans des situations d’exclusion et de mal-être allant jusqu’au suicide. Non, on ne meure ni de sa sexualité, ni de son genre, on meure des phobies qui les stigmatisent et les somment de se conformer au grand patron.
Aujourd’hui, soyons fières de lutter, fières de résister pour que cette société où à l’intérêt général s’est substitué l’intérêt d’un ordre hétérosexiste disparaisse pour mieux renaître forte d’une égalité entre toutes et tous, quels que soient le genre, l’origine sociale, l’origine ethnique, la sexualité, l’âge, la confession, l’état de santé, et tout ce qui nous ressemble, égalité qui seule permettra l’accès à la reconnaissance de nos diversités et à la sérénité. Le progrès est en marche !
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